4e hussards - 4e gardes d'honneur, armée des Alpes
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Histoire et reconstitution historique 1789-1815
 
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 Martyrs de la République

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cavalier
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MessageSujet: Martyrs de la République   Mar 21 Aoû - 9:53

Avec l'assassinat de Marat, l'assassinat de Lepeltier Saint Fargeau et l'exécution de Chalier, les clubistes et le mouvement jacobin trouve des martyrs, symboles du mouvement sans-culottes.
Tout un merchandising est alors réalisé pour cette promotion :
éventails pour les dames, bagues et des médailles :
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Courtebotte
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Mer 22 Aoû - 5:56

Est-ce qu'on retrouve ce "merchandising" pour des généraux comme Marceau ou Hoche, qui pourtant moin d'être des clubistes acharnés, auraient pu être récupérés par les politicards?
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cavalier
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Mer 22 Aoû - 6:54

j'ai pas souvenir que ce type de "merchandising" ait existé pour des généraux, car ce type d'objet est surtout lié à l'an II, par la, suite, il y a sans doute des médailles de faites, mais pas dans l'esprit de propagande.
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cavalier
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Sam 25 Aoû - 5:28

Chalier est un des martyrs de la Révolution, c'est un lyonnais "illuminé" par la vie révolutionnaire parisienne, plus fort en gueule qu'en acte :
http://www.royet.org/nea1789-1794/notes/acteurs/chalier.htm



il était entouré d'un personnel révolutionnaire assez détonnant, notamment l'Abbé Laussel, prêtre défroqué et curé rouge, et un ardent patriote savoisien, Caffe.
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Drouet Cyril
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Sam 25 Aoû - 6:48

François-Joseph Bara naquit le 30 juillet 1779 à Palaiseau. Neuvième enfant d’une famille en comptant dix, Bara s’engagea dans l’armée, comme aide-palefrenier au 8e hussards, sous la protection du général Desmarres, frère de la marraine d’une de ses sœurs.

La mort le prit le 7 décembre 1793, à Jallais, au lieu-dit des Revers.
Ce jour-là, les républicains furent fort malmenés par les hommes de Pierre Cathelineau, frère du premier généralissime de la Grande Armée catholique et royale. Ces derniers avaient de quoi être furieux. Revenant de Chemillé, ils avaient trouvé le bourg de la Chapelle-Rousselin en flamme et le petit détachement, laissé là afin de garder quelques captifs, massacré. La contre-attaque fut sévère et l’on se garda bien de faire à nouveaux des prisonniers.

Le lendemain, Desmarres rédigea un rapport aux allures de victoire et mit en avant la mort de Bara :
« Trop jeune pour entrer dans les troupes de la République, mais brûlant de la servir, cet enfant m’accompagnait, depuis l’année dernière, monté et équipé en hussard. Toute l’armée a vu avec étonnement un enfant de treize ans affronter tous les dangers, charger toujours à la tête de la cavalerie. Elle vit une fois ce faible bras terrasser et amener deux brigands qui avaient osé l’attaquer. Ce généreux enfant, entouré hier par les brigands, a mieux aimé périr que de se rendre et leur livrer deux chevaux qu’il conduisait. Aussi vertueux que courageux, se bornant à sa nourriture et à son habillement, il faisait passer à sa mère ce qu’il pouvait se procurer. Il la laisse avec plusieurs filles et son jeune frère infirme, sans aucune espèce de secours.
Elle demeure à Palaiseau, district de Versailles. »

Peu de précisions donc sur les circonstances de la mort, hormis le fait que le jeune palefrenier soit tombé au combat.
A la convention, la lettre de Desmarres fut lue par Barère le 15 décembre et les conventionnels votèrent une pension de mille livres à la mère de Bara.
Pourtant, l’affaire ne s’arrêta pas là et Robespierre, le 28 de même mois proposa les honneurs du Panthéon pour le jeune enfant. Il résuma pour l’occasion la lettre datée du 8 et y ajouta sa version :
« Entouré de brigands qui d’un côté lui présentaient la mort, et de l’autre lui demandaient de crier Vive le Roi, il est mort en criant « Vive la République ! ».

La fable était née.
Desmarres en fut averti, et heureux de pouvoir apporté de plus amples renseignements à David qui avait été chargé d’immortaliser le sacrifice de Bara, il écrivit à Couthon, président de la Convention :
« Le citoyen David a été de plus invité à faire son portrait. Comme cet artiste ne pourrait y parvenir, n’ayant aucune notion, je crois devoir t’en donner qui le mettront à même de travailler. Je les joins ici sur une feuille particulière. Je crois que l’attitude où il devrait être représenté est celle qu’il avait lorsqu’il a reçu les derniers coups ; c’est à dire à pied, tenant ses deux chevaux par la bride, entouré de brigands, et répondant à celui s’étant avancé pour les lui faire rendre : « A toi, foutre brigand, les chevaux du commandant et les miens ! Eh bien ! Oui… »

Voilà les dernières et seules informations que l’on détienne. A noter que les royalistes sous les plumes de Mmes de La Rochejaquelein et de La Bouëre ont également apporté les leurs et peignent Bara comme un vulgaire voleur de chevaux pris la main dans le sac.

Bara ne sauva pas la tête de Desmarres. Mandé dix jours après son échec de Jallais par Turreau afin de s’expliquer sur sa conduite, il partit pour Angers le 28 décembre. Il dut y attendre son supérieur (prise de Noirmoutier oblige) et ne le rencontra que le 11 janvier.
L’entrevue signa son arrêt de mort. Ce jour là, après l’avoir entendu, Turreau ordonna en effet son emprisonnement. Le 30 du même mois, la Commission militaire Félix (plus coutumière d'exécutions massives de Vendéens) le condamnait à mort. Desmarres était finalement guillotiné le lendemain, à Angers, place du Ralliement.

Pour Bara, la cérémonie de transfert au Panthéon avait été prévue à l’origine pour le 18 juin 1794. Elle fut remise au 18 juillet (par le décret du 5 juin) puis au 28 juillet (par le décret du 11 juillet) avant d’être définitivement décommandée suite aux évènements du 9 thermidor.


Salutations respectueuses.
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Sam 25 Aoû - 10:16

ce qui est le plus étonnant avec Bara, enfant du 8e hussards cheers , c'est que la "légende" perdure puisque des noms de rues portent son nom comme martyr, ce qui n'est au demeurant pas un mal, je rpéfère une rue Bara qu'une rue Julio Iglésias.

IL y a eu aussi un enfant martyr tué par les fédéralistes avignonais en 1793, alros qu'il coupait des cordes tenant un pont pour empêcher la jonction des fédéralistes marseillais et avignonais, mais je ne me rappelle plus son nom.
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Davin
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Sam 25 Aoû - 10:21

Agricol Viala Smile
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Drouet Cyril
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Sam 25 Aoû - 10:43

Citation :
ce qui est le plus étonnant avec Bara, enfant du 8e hussards , c'est que la "légende" perdure puisque des noms de rues portent son nom comme martyr

Des noms d'école aussi si je ne m'abuse.
La 3ème République a largement contribué au retour de Bara sur le devant de la scène.
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Drouet Cyril
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 1:05

Le superbe tableau de David :
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A noter que David d'Angers s'est largement inspiré de cette oeuvre pour sa très belle sculpture consacrée à Bara. Désolé, je n'ai pas trouvé d'images. Mais vous pouvez l'admirer dans la très recommandable Galerie David d'Angers, à Angers.
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 1:30

et comment ne pas parler de l'Ami du Peuple cheers



300 000 têtes et la République est sauvé : encore beaucoup de boulot nous attends citoyens Yo
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Drouet Cyril
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 1:37

Deux autres "Bara" : le Saumurois Etienne Bougoin et l'Alsacien Jean Maillard.

Jeune tambour de 17 ans à la 8e compagnie de la 56e demi-brigade, Bougoin trouva la mort au combat de Vuiteboeuf, en Suisse, la nuit du 3 au 4 mars 1798. Blessé et fait prisonnier par les Bernois, ce dernier refusa, d’après le récit qu’en a fait le capitaine Fouchet, de crier « Vive Berne ! » et fut massacré au cri de « Vive la République française ! »

Jean Maillard (natif de Colmar), chasseur à la 6e demi-brigade légère, fut pris dans une embuscade tendue par les Vendéens, le 27 juin 1794. Les Brigands lui ordonnèrent alors de crier « Vive le Roi ! ». A quoi, il aurait préféré répondre avant d’être percé de mille coups : « Non, vive la République ! vive la liberté ! c’est le cri des amis de la patrie. Vive la liberté ! »

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eugéne
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 3:24

Citation :
Agricol Viala
Ce n'est pas Joseph Viala? comme le lycée avignonnais du même nom?
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 4:01

Joseph-Agricol Viala.
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 4:04

Voilà qui nous met tous d'accord...comme à l'Ecole des fans! zezae
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 6:02

La mort de Viala :
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Viala et bara côte à côte:
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Et bien sûr ensemble dans le Chant du départ :

"De Barra, de Viala le sort nous fait envie ;
Ils sont morts, mais ils ont vaincu.
Le lâche accablé d'ans n'a point connu la vie :
Qui meurt pour le peuple a vécu.
Vous êtes vaillants, nous le sommes :
Guidez-nous contre les tyrans ;
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants."


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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Dim 26 Aoû - 6:20

Merci pour ces images.
Côté figurine Mokarex avec fait un Viala que j'ai quelque aprt sur une étagère, mais j'ignore si le sujet a beaucoup inspiré les figurinistes.
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 27 Aoû - 2:06

Un autre : François-Chrysostôme Richer.

"[les prisonniers républicains de Noirmoutier], à l'exception de Wieland (c'est ce qui le fit condamner à mort plus tard), furent conduits à Bouin. On leur adjoignit plusieurs habitants, des pères de famille, des femmes et des enfants. Là, ils furent livrés à Pajot qui commandait cette ville, homme que son caractère abject et féroce n'a que trop fait connaître pendant cette horrible guerre, et dont, sans doute, Charette avait fait le choix pour l'exécution de ses ordres sanguinaires (1).
Pajot fit fusiller tous les volontaires du bataillon de la Manche (2), au nombre de cent quatre-vingt, et quelques habitants de Noirmoutier, parmi lesquels se trouvait François Richer (frère d'Edouard, notre ancien collègue). Cet intrépide jeune homme, tombé entre les mains royalistes, à la Fosse, était parvenu à s'en échapper. Il arriva dans un village, y prit les habits d'un paysan, et accourut à la ville, pour exciter les habitants à se défendre. Il y fut repris, emprisonné, et de là conduit à Bouin. Avant de lui porter le coup fatal, on lui proposa de crier vive le roi ! et de prendre le parti de l'armée royale. "Non, répondit-il, mon père est mort en républicain (3), je veux mourir comme lui. Vive la République ! Fusillez-moi, voilà dix francs pour ceux qui sont chargés de mon exécution ; je les prie de bien m'ajuster." (4) On ne lui fit pas longtemps attendre le trépas, et il le reçut avec une fermeté digne d'un meilleur sort. Puisque la justice commande un tribut d'éloges pour les belles actions dans les deux partis, ce trait d'héroïsme doit être le moins oublié. La mort de Richer fils ne le cède en rien à celle de son valeureux père, et tous deux ont des droits à notre admiration et à nos regrets.
La Convention nationale rendit un décret, par lequel elle déclara adopter les nefants de Richer ; mais il n'y eut qu'Edouard, l'un d'eux, qui tira quelque avantage de cette disposition. Il fut élever à l'école de Saint-Cyr."

(Piet, Mémoires laissés à mon fils)

(1) On dispose d'une lettre écrite le 17 octobre 1793 par Pageot à Dubois, commandant de Noirmoutiers, où il affirme que les exécutions avait été faites "par ordre de notre brave général". Le Bouvier-Desmortiers soutient lui le contraire et précise : "Le général lui donna les ordres les plus sévères de ne pas commettre à l'avenir de semblables cruautés."

(2) On accusait cette troupe d'avoir participé à des massacres sous les ordres de Beysser. On craignait également des mouvements de révolte.

(3) Son père, commandant du poste fortifié de Maison Rouge était tombé au feu lors de la reprise de l'île de Noirmoutier par l'armée de Charette.

(4) Piet reprend ici la version donnée dans le rapport de Turreau et de Bourbotte en date du 8 janvier 1794.
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Drouet Cyril
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 27 Aoû - 5:07

Une légende.

Si vos pas vous mènent sur les bords de la Loire angevine, n’hésitez pas à faire un détour à Mûr-Erigné. La vue y est splendide et s’y trouve un monument plus que centenaire : une colonne commémorative érigée en mémoire du sacrifice de 600 hommes du 8e bataillon de Paris qui, selon ce que l’on veut bien nous en dire, le 26 juillet 1793, reculant pas à pas face à l’ennemi vendéen, refusèrent de se rendre, préférant mourir en se jetant du haut de la falaise de la Roche-de-Mûr.
Ce jour là, était à leur tête le lieutenant-colonel Claude-François Bourgeois. Ce même Bourgeois que l’on retrouvera à Waterloo, commandant la 2e brigade de la 1er division du corps de Drouet d’Erlon.

Que s’est-il véritablement passé le 26 juillet 1793 ?
Ce jour là, le 8e Bataillon de Paris, dit le 2e des Lombards, formé le 1er juin 1793, occupait la position depuis six jours afin de couvrir les Ponts-de-Cé. 600 hommes environ étaient cantonnés à Mûrs et 300 autres défendaient les abords d’Erigné.
A la veille de bataille, on se souciait déjà fortement de la valeur de ces soldats : le 24 juillet, ces derniers avaient, en effet, refusé de marcher, lors d’une reconnaissance, sur le bourg de Denée.
Le 26, dans le cadre d’une diversion en prévision de la bataille de Luçon, d’Autichamps, commandant un corps de la division royale des bords de Loire pendant la convalescence de Bonchamps, scinda sa troupe et attaqua simultanément les deux positions. La bataille fut d’une bien courte durée puisque le 8e Bataillon de Paris, loin de ce que nous dit la légende, préféra fuir et traverser le Louet à la nage ou par le pont d’Erigné.

A ce sujet, les rapports républicains abondent et sont unanimes : « Les lâches Parisiens qui défendaient la butte d’Erigné l’ont abandonnée sans faire la moindre résistance », « Le poste important des Ponts-de-Cé a été honteusement abandonné par des hommes qui n’ont eu de courage que pour fuir », « Le 8e Bataillon, dit des Lombards, a fui lâchement et s’est jeté dans le bras de la Loire qui est derrière lui », « La lâcheté a été cause de la prise des Ponts-de-Cé par les rebelles. Les bataillons parisiens poussent la perfidie jusqu’à faire rétrograder les citoyens qui y viennent réparer nos désastres. »

Au soir du 26 juillet, le bataillon comptait 88 morts (la plupart ont péri noyé), 40 blessés et 155 prisonniers (dossier au SHAT de Vincennes).

La colonne élevée lors du centenaire de la Révolution française :
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 27 Aoû - 6:36

Haxo.

Le 12 avril 1794, Barère faisait le rapport suivant :
« Deux généraux ont donné des exemples de bravoure républicaine ; l’un est Moulin (1), vous avez décrété qu’il lui serait fait un obélisque dans la Vendée ; l’autre est Haxo, il a imité son exemple, blessé et prêt à tomber entre les mains des brigands, il s’est donné la mort.
Le Comité vous propose d’ordonner qu’il sera élevé une colonne de marbre dans le Panthéon, sur laquelle seront inscrits les noms des républicains qui auront fait des actions héroïques, et que les noms d’Haxo et de Moulin y seront gravés les premiers, avec cette inscription : Ils se donnèrent la mort pour ne pas tomber entre les mains des Brigands .»

Après applaudissements, les conventionnels adoptèrent la proposition (la colonne du Panthéon ne sera cependant jamais dressée).

Retour sur les faits :
Immédiatement après le combat des Clouzeaux où Haxo était tombé face aux troupes de Charette, l’adjudant-général Aubertin, de Touvois, avertissait Turreau, commandant de l’armée de l’Ouest, non seulement de la défaite mais également du suicide du dit officier.

Deux jours plus tard, Turreau, des Sables, écrivit au ministre de la guerre :
« Charette a été attaqué par la colonne que commandait Haxo en personne. Les deux bataillons qui se présentèrent au combat, sous les yeux du général, prirent la fuite, aussitôt qu’ils eurent vu l’ennemi. Haxo cherche en vain à les rallier, en restant exposé au feu le plus vif ; il est bientôt atteint de deux coups de feu, son cheval tombe, et le général, sur le point d’être pris par les cavaliers ennemis, se brûle la cervelle. »

Le même jour, les représentants Prieur et Garreau, de Nantes, envoyaient au Comité de salut public la lettre du citoyen Bichon (écrit apparemment disparu), dont la teneur était similaire aux dires de Turreau.
Le 29, les mêmes écrivaient :
« Haxo abandonné d’une partie de ses troupes est obligé de se donner la mort. »

Quatre mois plus tard, Aubertin, en pleine Terreur, se gardant bien de revenir sur la version dont il était à l’origine, confirmait cette dernière:
« Le général Haxo, chargeant à la tête des tirailleurs, reçut plusieurs coups de feu au corps, à la distance de vingt pas d’une embuscade de l’ennemi, retranché derrière un mur ; que son cheval s’étant abattu et les tirailleurs ayant fait demi-tour à droite, le général se voyant d’être pris par ces gueux, en héros, en bon et brave républicain, a préféré se donner la mort, en se brûlant la cervelle d’un coup de pistolet. »

Le problème dans tout cela est que le général Haxo est mort isolé et nul républicain n’a assisté à ses derniers moments.
Les premières lettres d’Aubertin et de Bichon ne prouvent donc rien et sont donc sans valeur aucune.

Afin d’appréhender de la meilleure manière possible le dit événement, il nous faut nous référer aux écrits des seuls témoins oculaires, les Vendéens.
Or, tous affirment que Haxo trouva la mort au combat. Rien sur un quelconque suicide…

Dans ses Mémoires, Aubertin se rétracta finalement :

« Surprise de cette fusillade inattendue, l’escorte d’Haxo tourne bride à l’instant pour rejoindre au galop la tête de la colonne républicaine, et ce n’est que, lorsqu’elle se croit hors d’atteinte, qu’elle voit avec douleur que son général n’est pas avec elle.
Tel fut le triste récit des deux cavaliers nantais, et ce sont les seuls détails véridiques que l’on ait jamais eus sur la fin du général Haxo. Toutes les versions qu’on a pu faire dans un grand nombre de relations précédentes, sont controuvées. On doit s’en rapporter à celle-ci et à quelques rapports royalistes. Ces derniers ont fait connaître que le digne général se trouvant un peu en arrière de son escorte, fut renversé d’un coup de feu, comme il cherchait à franchir un fossé, et tué presque aussitôt par un cavalier vendéen, auquel il ne voulut pas rendre les armes.
Les officiers qui accompagnaient le général Haxo, entre autres son neveu et l’adjudant-général Sainte-Suzanne, donnèrent le lendemain, confirmation de ces détails, à l’adjudant-général Aubertin. »


(1) Je reviendrai sur cet autre "martyr" plus tard.

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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 27 Aoû - 6:42

Gravure représentant la mort d'Haxo :
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 27 Aoû - 9:04

Moulin :

Le 8 février 1794, à Cholet, rue du Pont-Joly, le général de brigade, Jean-Baptiste Moulin, alors que la bataille faisait rage, blessé et cerné de toutes parts par les soldats de Stofflet, se brûlait la cervelle.
Averti le soir même en son quartier général de Nantes, par Poché-Durocher, commandant de la place de Cholet, Turreau, commandant en chef de l’armée de l’ouest, s’empressait de prévenir le Comité de salut public en ces termes :
« Cette victoire [Cordellier à partir de Tiffauges avait en effet, par une brillante conte attaque, repris Cholet], on ne peut plus importante, a cependant coûté bien cher à la République, par la perte du général de brigade Moulin le jeune. Je le pleure bien moins comme mon ami que comme un des plus braves soldats, des plus habiles officiers et des plus purs républicains qui existent. Indigné de la lâcheté de ses troupes, Moulin fait de vains efforts pour les rallier, se précipite au-devant de l’ennemi pour les encourager par son exemple ; il est atteint d’une balle, et, prêt à tomber entre les mains des brigands, se fait sauter la cervelle du dernier coup de pistolet qui lui restait à tirer…Je ne doute point que la Convention nationale ne sache apprécier cet acte d’héroïsme. »

Le vœu de Turreau ne tarda pas à être exaucé :
Trois jours plus tard et deux jours après que l’on est enterré Moulin en habit de général, enveloppé du drapeau tricolore, au pied de l’arbre de la liberté de Cholet, la Convention décrétait, suite au rapport de Barère, qu’« Il sera élevé à Tiffauges, aux frais de la République, un tombeau, simple, et sur la pierre sera placée l’inscription suivante : Républicain, il se donna la mort pour ne pas tomber vivant au pouvoir des brigands royalistes ».

En réponse, le conseil général de la commune de Cholet demanda que le dit tombeau fut placé non à Tiffauges mais, plus logiquement, en son sein.
Le monument ne fut cependant élevé dans les lieux où on l’avait décrété ou désiré ; le Comité de salut public avait changé d’avis sur les honneurs à rendre à Moulin.

Le 12 avril, Barère fit en effet le rapport retranscrit plus haut proposant d'élever une colonne de marbre au Panthéon.

Or Moulin n’était pas un simple général parmi d’autres, puisque Turreau lui avait offert sa sixième division infernale.
Voici les états de service de Moulin entre cette date et sa mort :

Il quitta les Ponts-de-Cé le 24 janvier au matin, brûla Mozé puis bivouaqua à Rochefort. Le lendemain, c’était le bourg de Saint-Aubin-de-Luigné qui était désigné pour être ravagé par les flammes, mais Moulin, apprenant la déroute d’un bataillon à Sainte-Christine, préféra retraiter prudemment sur Chalonnes. Le 26, il s’installa à Saint-Laurent-de-la-Plaine avant de s’établir le lendemain au château du Planti, à proximité de Sainte-Christine. Le 29, il partit pour Cholet. Sur son trajet, il fit brûler le bourg du Pin et massacrer de nombreuses femmes et enfants dans cette localité puis à la Poitevinière.
Stationnés à Cholet, de nombreux détachements sous ses ordres ravagèrent les environs : Vezin, Trémentines…
S’alarmant depuis le 6 février d’inquiétants rassemblements rebelles dans les Mauges et autour de la Gaubretière, Moulin, renforcé des brigades Caffin et Amey, vit irrémédiablement l’étau se resserrer autour de sa position qui, finalement, tombait (provisoirement) le 8.

On comprend mieux dès lors pourquoi Moulin tenait tant à ne pas tomber vivant aux mains des Vendéens.

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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 27 Aoû - 10:23

Le suicide du général Moulin :
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Mar 28 Aoû - 0:37

Petit retour sur le combat de Mûr-Erigné.
On cite souvent à cette occasion l'anecdote suivante : au cours de la bataille, la femme et l'enfant du commandant Bourgeois furent faits prisonniers par les Vendéens. Ces derniers proposèrent alors à la malheureuse épouse de la libérer à condition qu'elle crie "vive le roi". Celle-ci refusa et, serrant son bébé dans les bras, préfèra se jeter dans la Loire où elle périt.

Couramment reprise à partir de la moitié du XIXe, il convient de préciser que cette histoire n'apparait dans aucun récit contemporain. Bourgeois, dans les différents rapports qu'il a pu rédiger sur le combat, reste muet sur ce fait. Hum...Rolling Eyes

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Courtebotte
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reconstitution
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MessageSujet: Re: Martyrs de la République   Lun 3 Sep - 11:05

Encore d'autres cas de brigandage royaliste dans le midi, ici en 1798. Il semble que l'épuration de fructidor ait pu exacerber les guerres de factions dans les départements "à risques".
Voila ce que l'on peut lire dans «Le Républicain» : "Le 6 floréal dernier, le citoyen Doux, adjoint municipal de la commune de Visan, et le commandant de cette petite place, soupaient ensemble dans une auberge; ils furent assassinés. Depuis lors, le citoyen Roussin-Bonnet, ex-administrateur du ci-devant district d'Avignon, habitant à l'Isle, a été massacré à neuf heures du soir, dans sa commune, et son corps coupé en quatre avec une hache. A Velleron, on a tiré en plein jour un coup de fusil sur l'agent municipal; un républicain, qui était à ses côtés, a été étendu raide mort. A Cucuron, Joseph Talet, enfant de douze ans, a été tué par des fanatiques, qui, de concert avec le citoyen Delevi, commissaire du Directoire, avaient planté deux arbres en l'honneur de Sainte Tulle, patrone du lieu. A la fin de prairial, le fermier du citoyen Quinquin, de Mazan, sa femme et leur fils, âgé de vingt-et-un ans, ont été égorgés; l'agent municipal de Saumane Ta été aussi au milieu de la rue. Avant d'expirer, il tua d'un coup de fusil un de ses bourreaux, surnommé le Vicari, natif de Velleron. Aussitôt, ses complices acoururent pour lui couper le nez, les oreilles et les joues, et lui arracher les yeux, afin qu'il ne pût pas être reconnu; mais des papiers qu'il avait sur lui, et qu'ils n'enlevèrent pas, l'ont fait reconnaître, dans la campagne de Mornas, un cultivateur s'est défendu toute la journée contre une bande d'assassins, qui ont percé sa porte de plus de deux cents coups de fusil".

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MessageSujet: Etienne Bougoin à Vuiteboeuf, 1798   Lun 19 Nov - 0:53

Drouet Cyril a écrit:
Deux autres "Bara" : le Saumurois Etienne Bougoin et l'Alsacien Jean Maillard.

Jeune tambour de 17 ans à la 8e compagnie de la 56e demi-brigade, Bougoin trouva la mort au combat de Vuiteboeuf, en Suisse, la nuit du 3 au 4 mars 1798. Blessé et fait prisonnier par les Bernois, ce dernier refusa, d’après le récit qu’en a fait le capitaine Fouchet, de crier « Vive Berne ! » et fut massacré au cri de « Vive la République française ! »

Jean Maillard (natif de Colmar), chasseur à la 6e demi-brigade légère, fut pris dans une embuscade tendue par les Vendéens, le 27 juin 1794. Les Brigands lui ordonnèrent alors de crier « Vive le Roi ! ». A quoi, il aurait préféré répondre avant d’être percé de mille coups : « Non, vive la République ! vive la liberté ! c’est le cri des amis de la patrie. Vive la liberté ! »

Salutations respectueuses.

Je recherche de la documentation sur Etienne Bougoin et sa mort au combat de Vuiteboeuf en 1798. Où pourrais trouver le récit du capitaine Fouchet? Existe-t-il une étude ou un article sur le sujet?
vivelh
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